Cancer : quelle alimentation, quel régime ?

Alimentation anti-cancer

Cancer : quelle alimentation, quel régime ?

De nombreux patients touchés par une pathologie cancéreuse s’interrogent sur les choix alimentaires qu’ils doivent effectuer ; cette préoccupation peut même devenir constante tant la nourriture est présente dans nos vies.

Dans les centres qui soignent le cancer, les préconisations concernant l’alimentation n’excluent pas la consommation de sucre, ingrédient de choix, propice à stimuler l’appétit chancelant des malades. Ces conseils se révèlent en totale opposition avec certains régimes moins officiels, moins orthodoxes auxquels des patients attribuent leur guérison. Il est vrai qu’à l’hôpital ou dans les centres de cancérologie, l’alimentation n’est pas perçue comme la plus grande des priorités : elle vient simplement accompagner les traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie, voire la chirurgie, qui constituent les véritables fers de lance contre le cancer.

On relève ainsi une première contradiction entre les recommandations alimentaires de la médecine institutionnalisée, qui n’hésite pas à recourir à l’industrialisation et à la chimie, et les avertissements de ceux qui revendiquent les bienfaits de régimes alimentaires plus naturels. Cependant, ces régimes alimentaires moins officiels, pratiqués avec succès par certains patients, sont eux aussi incompatibles les uns avec les autres. Mais alors, que manger ? Que boire ? Faisons le point ensemble.

I. Les préconisations alimentaires officielles pour accompagner le traitement du cancer : Tep-scanner, je t’ignore !

1. Cinq fruits et légumes par jour, biologiques ?

Vous connaissez tous la formule : “Cinq fruits et légumes par jour” ; la consommation de ces végétaux permettrait en effet d’être “acteur” de sa santé et aiderait à prévenir certaines pathologies. Dans certains centres anti-cancer, vous trouverez ce message placardé sur de grandes affiches, dans le hall par exemple, avec une appétissante photo de carottes, de salade, de pommes, etc. Louable effort pédagogique, mais est-il actualisé là où il est affiché ? Combien de patients hospitalisés mangent cinq fruits et légumes par jour ? Le fait que les autorités en charge de la santé des patients négligent le conseil qu’elles dispensent, et cela au moment où l’organisme a le plus besoin de récupérer, révèle non seulement l’écart entre le discours et les faits, mais aussi l’importance toute relative accordée à l’alimentation dans le parcours de soins.

Aucune mention du bio, peut-être parce que la recommandation de consommer cinq fruits et légumes d’origine biologique serait un aveu de la toxicité de l’alimentation tout court ; peut-être aussi parce que le bio est souvent plus cher et parfois plus difficile à se procurer, ce qui laisserait entendre que les plus riches ont davantage de chances d’être en meilleure santé que les autres.

Quoi qu’il en soit, même si le conseil de manger quotidiennement cinq fruits et légumes est méritoire, il ne suffit pas à vous préserver du cancer puisque j’en ai développé un au terme de plusieurs années où je me suis conformée à cette doxa en achetant qui plus est des produits sans pesticides. Pire encore, une de mes copines, qui tenait un magasin de produits bio et qui veillait à la composition de ses repas, est décédée de sa pathologie ovarienne. La progression de sa maladie et son décès ont détruit toutes mes illusions sur le fait qu’une alimentation biologique, qui fait la part belle à cinq fruits et légumes par jour suffirait à elle seule à protéger du cancer, sans se préoccuper des autres aliments ingérés. Lesquels exclure ? Lesquels privilégier ? Avant de me faire jeter, je précise encore que je pense sincèrement que le bio et les légumes réduisent le risque de choper le cancer, et celui de l’aggraver. La preuve : c’est mon régime. Cependant, si tout le monde mangeait cinq fruits et légumes par jour, il y aurait encore des cancers. Inutile de culpabiliser les patients en leur laissant entendre que le cancer est de leur faute, surtout quand on voit ce que conseillent certains diététiciens.

Fruits et légumes constituent donc une des meilleures options alimentaires possibles parmi toutes celles véhiculées dans les centres médicaux. Car passons à la suite.

2. Les préconisations officielles pendant la chimio : les brochures des hôpitaux et des centres de lutte contre le cancer

Ici (I, 2), je vous rapporte les recommandations lues dans les documents proposés par les hôpitaux ou centres de lutte contre le cancer. J’essaierai, je dis bien j’essaierai (!) de rester relativement neutre en les mentionnant (à la relecture, je m’aperçois que c’est foutu, mais je laisse cette phrase qui témoignait de mes bonnes intentions initiales !). Dans la prochaine sous-partie (I, 3), je m’appuierai sur d’autres informations scientifiques bien connues dans le milieu médical pour montrer à quel point la consommation de sucre ou de glucose devrait nous effrayer. En ce qui concerne les produits laitiers, je laisse chacun se faire sa propre opinion.

– Intéressons-nous tout d’abord au petit livret diffusé par La Ligue contre le cancer. Il s’intitule Alimentation et cancer, Comment s’alimenter pendant les traitements ? et comporte environ vingt-cinq pages. Je me réfère à l’édition “Grand public” datée de juillet 2014 (c’est encore celle qui est diffusée en février 2018, je suis allée vérifier).  L’ensemble du document a été rédigé par le Docteur Françoise May-Levin, conseiller médical de La Ligue contre le cancer et Ginette Rossignol, diététicienne, Institut Gustave Roussy ; son actualisation a été confiée à Mireille Simon, cadre diététicienne, Centre Alexis Vautrin de Nancy.

Avant d’analyser le contenu de ce livret, je veux préciser que je ne tiens pas à remettre en cause le travail de La Ligue contre le cancer, et encore moins ses acteurs ; les bénévoles ou moins bénévoles que j’ai rencontrés m’inspirent le plus grand respect et même de l’admiration ; ils donnent de leur temps, parfois de leur argent pour soutenir la recherche contre le cancer, les patients eux-mêmes ainsi que leurs proches.

Ce préalable étant posé, examinons les recommandations données dans le livret de La Ligue.

“Comment équilibrer les menus ?” s’interrogent les spécialistes de la lutte contre le cancer, p. 5. Réponse : en mangeant des aliments appartenant aux cinq grandes familles alimentaires :

“1. Lait et produits laitiers : à consommer une fois par repas.”  S’ensuit une énumération qui va faire frémir certains de mes amis pour lesquels les produits laitiers ne sont pas nos amis pour la vie. “Fromage, fromage frais, yaourts, desserts lactés (sucrés ou non ? Non précisé, ils peuvent donc l’être), pour leur apport en protéines, calcium et vitamines.”

“2. Féculents : à consommer à chaque repas.” Féculents = glucides = sucres, certes lents, mais sucres quand même. Sont mentionnés : “Pain, céréales, pâtes, riz, semoule, pomme de terre, pour leur apport énergétique, leurs fibres, leurs vitamines et minéraux.” C’est trop drôle, on ne voit pas la même chose sans les mêmes produits.

“3. Fruits et légumes, crus ou cuits : 5 portions par jour (on y revient !) pour leur apport en fibres, vitamine C, B et carotène”. Cela se confirme, il n’y a pas de sucre dans les fruits.

“4. Viandes, poissons, œufs : au moins une fois par jour […].”

  “5. Matières grasses : en consommer un peu à chaque repas, de préférence végétales. Le beurre (végétal ?), l’huile, la crème fraîche (un autre végétal ?) apportent de l’énergie, des vitamines et les acides gras essentiels.” (Essentiels à quoi ? Au développement des cellules, mais lesquelles, les bonnes, les mauvaises, les deux ?).

Bon, je me moque un peu, mais croyez bien que si j’ai cité ces lignes, c’est parce que, somme toute, elles sont parmi les plus raisonnables de ce livret de la Ligue, et que je ne voudrais pas qu’on me dise : “Mais quand même, vous avez omis nos conseils diététiques les plus sains et avez seulement extrait certains passages.” Je suis sûre, d’ailleurs, que beaucoup ne trouveront rien à redire à ce qui précède, à cette alimentation considérée “équilibrée”. Alors poursuivons.

En effet, des conseils plus personnalisés sont délivrés aux patients qui perdent du poids. La médecin conseiller de La Ligue et les deux diététiciennes ne veulent absolument pas qu’un patient en chimio maigrisse, ce qui serait synonyme d’affaiblissement. Elles entreprennent donc de donner “quelques exemples de bonnes sources d’énergie” (p. 10 ; c’est moi qui souligne) :

– Des “matières grasses” et en particulier de la “chantilly sur les fruits cuits, les glaces, le café…” (pp. 10-11)

– Des “aliments riches en graisse”, comme les “chips, rondelles de saucisson, lardons, fromages à plus de 50% de matières grasses”, etc. (p. 11)

– Des “aliments riches en sucre” (ici, vu mes croyances sur le sujet, je suis en train d’agoniser derrière mon clavier). Je cite : “sucre, miel, confiture, chocolat, caramel…” (les points de suspension sont dans le texte) et aussi “entremets (crèmes glacées, desserts lactés, clafoutis, gâteaux de riz…)”. (p. 11)

Pour ma part, bien que je ne sois pas docteur (si, mais en Lettres, donc on s’en fout), je suis hyper convaincue et persuadée que si vous suivez ces recommandations, vous accélérez la croissance des cellules cancéreuses et limitez les effets de votre chimio supposées les détruire (Je vous en parle en I, 3). Je ne vous donne pas de conseil, puisque je n’en ai pas le droit, je vous donne ma propre opinion, puisque nous sommes en démocratie et que les gens ont le droit de l’exprimer. Les auteures du livret proposé par La Ligue contre le cancer, elles, ont pour mission de vous donner des “Conseils pratiques” parmi lesquels celui d’ingérer du sucre, ou tout du moins des glucides. Il y a une véritable insistance à ce sujet. En effet, c’est reparti p. 13. “Vous n’avez pas d’appétit…” alors mangez “chips, gâteaux, apéritifs salés” et aussi “des aliments sucrés : flan, gâteau de semoule ou de riz, glace, fromage frais, yaourt, petits suisses, fromage blanc (ces quatre derniers aliments pourraient être consommé nature, mais non !), fruits secs, compote, céréales au lait, barres de céréales” (p. 13). Rien qu’en recopiant, je sens que mes cellules cancéreuses laminées sont en train de ressusciter.

Mais je n’hésite pas à poursuivre, au péril de ma vie, car ce n’est pas tout : les conseils ne s’arrêtent pas là.

En effet, si vous n’arrivez plus trop à vous alimenter, rassurez-vous, l’industrie a prévu pour vous aider des “compléments nutritionnels”, en particulier des “boissons lactées aromatisées à divers parfums, riches en protides et en calories” (Citation également extraite du livret “Alimentation et cancer” de La Ligue, p. 11). Si vous êtes fauchés, ne vous inquiétez pas, un accord a été conclu avec la Sécurité sociale si bien que “Ces produits peuvent être remboursés s’ils sont prescrits par un médecin” (ibid.). Vous n’avez donc aucune raison de vous en priver ou même de vous rationner. Sauf que… ces boissons sont bourrées de sirop de glucose ! Le glucose, ce sucre qui est utilisé dans le Tep-Scanner pour repérer les cellules cancéreuses, je vous en parle en I,3 mais je ne peux m’empêcher de le mentionner déjà ici.

On m’a prescrit ces compléments. Il en existe certes au poulet, mais la pharmacienne, bien intentionnée, souhaitait surtout me voir consommer les bouteilles dont le contenu est le plus riche en sucre, car on lui avait inculqué (qui ?) que la mixture me ferait davantage regrossir. Ces potions lactées ont fini dans le ventre d’un ami affamé, audacieux et pas du tout cancéreux, dès que j’ai lu leur composition (comme quoi finalement étudier les textes possède tout de même un certain intérêt ! Revalorisons les études de lettres même si ce n’est pas du tout notre sujet !). Bref, ces boissons supposées allécher le patient sont produites par Nestlé et s’appellent Clinutren, mais il existe aussi Oral Impact (toujours Nestlé, who else ?).

Comment le Clinutren tente-t-il de vous séduire ? Par la douceur. Examinons la composition : le contenu d’une bouteille de 200 ml apporte 32 grammes de glucides et entre 13,6 grammes et 15 grammes de sucre, soit plus de 3 morceaux de sucre !  20 grammes de protéines ; 12,4 grammes de lipides ; 0 fibre mais des tas de vitamines et de minéraux.

Version moins fluide du Clinutren en boisson, la “cup” s’emploie à vous attirer par le biais d’une rhétorique ensorcelante. En effet, la “cup” se définit comme un “dessert gourmand”, pléonasme, même fatigué on n’est pas débile, inutile de dire deux fois la même chose ! Cher Nestlé, l’attrape-gogo, pardon le procédé est un peu gros, même si le patient ne l’est pas ! Après la pub, la composition : dans 200 grammes de Clinutren, vous trouverez 34,6 grammes de glucides et entre 26 et 28 grammes de sucre, soit plus de cinq morceaux. À votre santé !

 J’ai cité le livret de La Ligue contre le cancer, mais sur le fond, il ne diffère en rien d’autres brochures disposées sur les étagères des centres d’oncologie. Il est simplement plus complet. Par exemple, un dépliant de Pierre Fabre médicament, intitulé Tout autour du cancer, Alimentation“, rappelle que “l’alimentation fait partie intégrante des soins de support”; on trouve la même énumération des cinq grandes familles d’aliments, et le même type de recommandations : “Pour conserver toute votre énergie, consommez des aliments riches en glucides, comme les céréales, les pâtes, les fruits et les légumes. […] Prévoyez au dessert des yaourts au miel ; des dattes, une tartine de confiture, une compote.” Là aussi, la dénutrition pendant votre traitement (sans doute une chimio ?) semble une obsession et pour la prévenir “Si les repas vous posent trop de problèmes, des compléments alimentaires (prêts à l’emploi), riches en protéines (et comme on l’a vu, encore plus riches en glucides et en lipides) et en calories (discret aveu du sucre et du gras !) pourront éventuellement vous être prescrits.”

Et en attendant, pour mieux vous aider, la brochure de La Ligue comme le dépliant de Pierre Fabre vous proposent une recette de milk-shake constitué de lait, de lait en poudre, de crème fraîche, d’une boule de glace vanille, etc. Croyez-le ou non, c’est exactement la même recette. Qui a copié sur l’autre ? Qu’il se dénonce !!! À moins que tous les deux n’aient bénéficié d’une source commune ? Total mystère, le document de Pierre Fabre n’étant pas signé.

Mais poursuivons sur notre sujet, le sucre. Car ce n’est pas tout : vous pourriez même être nourri par intraveineuse avec du glucose (lisez l’inscription sur le sachet plastique). Un infirmier a cherché à m’expliquer : “Ce n’est pas vous qu’on nourrit, c’est le cancer”. Plaît-il ? On nourrit le cancer pour mon bien ? J’ai retourné cette phrase dans ma tête, mais rien à faire, elle ne me paraît pas logique. Nourrir le cancer ne me semble pas une bonne idée dans la mesure où le cancer n’a qu’une envie : grossir et gagner contre toutes les autres cellules, quitte à mourir avec moi au bout du processus, mon Dieu, quel romantisme ! Une information mérite toutefois d’être retenue dans l’affirmation de l’infirmier : c’est que le cancer raffole du sucre. À l’hôpital et dans les centres de lutte contre le cancer, il est difficile de l’ignorer. On utilise même le sucre, sous forme de glucose, pour détecter le cancer. Si, si !

3. Le rôle du glucose (type de sucre) dans l’imagerie médicale

Comment sait-on à coup sûr où se situent les amas de cellules cancéreuses, les tumeurs malignes de votre corps ? Certes, on peut vous faire une biopsie, mais comme on ne va pas vous trouer de partout comme on sonde un sol pour débusquer ses secrets, la science a inventé le Tep-scanner. Un Tep-scanner (ou Pet-scanner) localise en effet les amas de cellules cancéreuses, les tumeurs, grâce à l’injection d’un produit radioactif (qui les met en lumière) et de sucre (qui active les cellules cancéreuses). Vous trouvez cela bizarre ? Voici quelques preuves :

-Un lien vers un article édifiant :

https://www.gralon.net/articles/materiel-et-consommables/materiel-medical/article-le-pet-scan—presentation-et-fonctionnement-3266.htm

J’extrais une citation de cet article :

“La caméra TEP est un appareil qui ressemble à un scanner mais dont le fonctionnement est différent. L’abréviation “TEP” ou “PET” signifie “tomographie par émission de positons”. Les caméras TEP permettent en effet de détecter les positons.

Pour simplifier, cet examen consiste à injecter du sucre radioactif dans le sang et à le détecter grâce au PetScan. Les cellules cancéreuses qui se nourrissent de beaucoup plus de sucre que les cellules normales apparaissent alors en couleurs sur les images.” (Je souligne)

– Voici la même information par la Fondation contre le cancer (Belgique) :

https://www.cancer.be/le-cancer/jeunes-et-cancer/les-examens/le-pet-scan

Là encore, lisons l’article : “le PET Scan (Tomographie par Émission de Positrons ou TEP en français) est un examen isotopique. Il consiste à injecter un produit légèrement radioactif (isotope) dans le corps, qui va se fixer sur les tumeurs et/ou métastases. L’isotope le plus fréquemment utilisé lors d’un PET Scan est le FDG, une sorte de sucre fluoré dont la durée de vie n’excède pas 2 heures. Aucun risque, donc, d’être irradié(e) comme à Tchernobyl!” (C’est toujours moi qui souligne)

Mais pourquoi “cette sorte de sucre fluoré” se fixe-elle sur “les tumeurs cancéreuses et/ou les métastases” ? Réponse : “Une tumeur cancéreuse n’est pas une masse inerte. C’est un amas de cellules qui se divisent de manière rapide et incontrôlée et consomment beaucoup d’énergie. Une tumeur ou une métastase est donc une zone à haute activité métabolique. Le PET Scan permet de les repérer.”

En somme, les cellules cancéreuses veulent de l’énergie, elles font preuve d’une “haute activité” quand on leur donne cette énergie sous forme de sucre, elles s’activent alors à fond, et c’est pour cela qu’on utilise une sorte de sucre, du glucose, pour les repérer.

Comme vous l’avez remarqué dans la première citation, l’article de la Fondation contre le cancer souligne surtout le problème de l’irradiation qui pourrait effrayer. Elle rassure le jeune patient sur ce sujet-là et évacue totalement le problème du sucre ; je re-cite :Aucun risque, donc, d’être irradié(e) comme à Tchernobyl!”

Pour ma part, à partir du jour où j’ai passé mon premier tep-scanner et lu son mode de fonctionnement, j’ai développé une phobie du sucre, en particulier des sucres dits rapides même si après tout, nuançons, je ne vois pas pourquoi les cellules cancéreuses ne se nourriraient pas aussi d’autres substances, lipides et protéines. N’empêche que c’est le glucose qu’on a choisi pour les repérer, tant leur activité se révèle particulièrement frénétique quand on leur en donne, si bien que le sucre me semble (euphémisme ou procédé d’atténuation destiné à ne pas heurter les sensibilités) une substance particulièrement suspecte.

C’est pourquoi il est intéressant de répertorier les principaux modes d’alimentation revendiqués par les patients qui affirment s’être guéris grâce à un régime spécial. Ces patients renversent la doxa médicale la plus courante : pour eux, l’alimentation n’est pas destinée à seconder ou supporter les traitements conventionnels, elle représente au contraire une stratégie de premier plan pour guérir du cancer, même si elle peut être associée à d’autres moyens thérapeutiques.

II. L’alimentation, les régimes réputés guérir le cancer à eux seuls… ou presque

Des personnes atteintes de cancer témoignent qu’un régime particulier a éradiqué leur maladie sans pour autant suivre un parcours traditionnel de soins, ou après avoir abandonné des traitements jugés trop lourds, à moins que ce ne soit la médecine qui ait considéré que le patient était perdu, le renvoyant ainsi à ses propres choix.

1. Le régime cétogène

C’est certainement le régime le plus célèbre pour guérir le cancer ; il est de plus en plus véhiculé par les médias.

Le régime cétogène est un régime dont la teneur en glucides, donc en sucres, est extrêmement réduite. Le gras, ingéré par l’organisme, crée ce qu’on appelle la “cétose”, c’est-à-dire des taux de cétones élevés dans le sang parce que les réserves de glycogène dans le foie sont à sec.

Le régime cétogène possède une caution médicale depuis pratiquement un siècle. En effet, dès 1924, le Dr Otto Heinrich Warburg (Allemand, prix Nobel de médecine en 1931) avait publié un article dans lequel il déclarait que le cancer est associée à la fermentation du sucre ; les cellules cancéreuses ne disposent pas d’oxygène pour transformer les glucides, ce qui produit une fermentation nocive à l’organisme.

De nombreuses d’études scientifiques s’intéressent au lien glucides-cancer, ce qui ne manque pas d’alerter sur le rôle du sucre. En effet, on n’a pas encore analysé le lien cancer-persil ou le lien cancer-godasse, qui paraît par conséquent beaucoup plus ténu.

Quels aliments sont donc proscrits par le régime cétogène ? C’est simple, tous ceux qui contiennent des glucides. Ces aliments sont extrêmement nombreux dans l’alimentation courante ; si vous décidez de le suivre, dites adieu aux biscuits, gâteaux, crèmes glacés, tartes, quiches, mais aussi aux céréales, pâtes, pommes de terre, riz, quinoa, pain, lentilles et même aux fruits, qui ne sont permis que de manière extrêmement limitée. Des légumes un tantinet sucrés, tel les carottes, vous vous séparerez.

En revanche, vous pourrez manger viandes (y compris charcuterie), poissons, œufs, beurre, crème fraîche, amandes, noix et autres oléagineux, légumes pauvres en glucides, tels choux, champignons, asperges, etc. Votre petit-déjeuner risque fort de ressembler à un déjeuner. Vous reprendrez bien un peu de gratin de choux-fleurs ? Un mignon petit avocat, alors ?

En résumé, c’est un régime qui demande des sacrifices, mais qui peut-être vous offrira la guérison, même si ce ne fut pas le cas pour moi, comme je vous l’expliquerai plus bas car je ne veux pas assombrir l’ambiance ici.

Des compléments alimentaires peuvent venir soutenir l’action de ce mode d’alimentation : l’acide R-Lipoïque, l’hydroxycitrate, la Metformine (médicament prescrit à certains diabétiques), etc.

– Pour aller sur le site de l’association créée par des patients ou des proches de patients qui ont expérimenté cette alimentation avec succès, saisissez “guérir du cancer témoignages” dans votre moteur de recherche (pour une raison inconnue, quand je mets directement le lien, j’ai un problème informatique ; “Guérir du cancer” est le nom de l’association).

Le régime cétogène est désormais associé au nom du Dr Schwartz. Cancérologue de l’assistance publique des hôpitaux de Paris, il a poursuivi des travaux à l’école Polytechnique. Il est diplômé en radiothérapie/ oncologie de Harvard (USA) ; a priori, il ne devrait pas susciter la méfiance du corps médical : il n’est pas spécialiste en homéopathie, il est cancérologue, ok ?

– Une interview de ce médecin, qui a sauvé la vie de patients pourtant considérés “en phase terminale” :

https://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/les-maladies/le-cancer/cancer-lespoir-du-traitement-metabolique

Mais le régime cétogène n’est pas le seul auquel on puisse recourir en cas de cancer.

2. Le régime acido-basique et ceux qui intègrent la notion de pH corporel

Le pH du corps, comme tout pH, est acide de 0 à 6, 9 ; à 7, il est neutre ; de 7 à 14, il est alcalin. Or, une maladie comme le cancer est marquée par une acidité des tissus de l’organisme. Encore une fois, c’est le Dr Otto Heinrich Warburg qui fut le premier à remarquer que les tissus cancéreux sont acides alors que les tissus sains sont alcalins.

A. Le régime acido-basique est donc un régime qui vise à corriger l’acidose tissulaire des personnes qui ont le cancer (ou d’autres maladies dégénératives) par une modification de l’alimentation. Plutôt que d’absorber des aliments acidifiants, qui abondent dans notre alimentation moderne, il s’agit de se nourrir avec des aliments alcalinisants pour rééquilibrer l’organisme.

Mais comment vérifier le pH de l’organisme ? Comment savoir s’il est acide ou alcalin ? Par un moyen tout simple : vous achetez en pharmacie ou sur le net un ruban de papier destiné à mesurer le pH. Ensuite, c’est peu glam, vous le plongez dans l’urine. Selon la couleur qu’il prend, vous repérez grâce à un nuancier où en est votre pH. En effet, puisque l’organisme cherche à se débarrasser de tout cet acide qui le pollue, s’il en élimine beaucoup, c’est que les tissus en sont gorgés.

Quels sont les principaux aliments acidifiants et quels sont les principaux aliments acalinisants ?

Je me réfère ici au livre du Dr Philippe-Gaston Besson, Acide-base : une dynamique vitale, Éditions Jouvence, Collection Jouvence santé, nouvelle édition revue et actualisée, 2010.

Les aliments acidifiants sont les suivants : le sucre blanc, les farines blanches et dérivés (pain blanc, biscottes, pâtisseries, pâtes), la semoule, les graisses durcies, le thé, le café, l’alcool, le chocolat, les protéines animales (viande, poisson), les fromages forts et fermentés, les céréales, les lentilles, pois, haricots blancs, asperges, artichauts, choux de Bruxelles, le pain, les arachides, etc.

Les aliments alcalinisants sont les fruits (malgré certaines exceptions), les légumes, les pommes de terre bio, les herbes aromatiques, les tisanes, l’eau de source ou minérale dont le pH est supérieur à 7 (lire les étiquettes), etc.

Certains aliments sont mixtes, c’est-à-dire qu’ils seront alcalinisants chez des personnes en bonne santé mais acidifiants chez les personnes malades, fatiguées, âgées…

Parmi les aliments mixtes figurent les laitages (petit-lait, yaourts, fromage blanc), les citrons, les oranges, kiwis, ananas, melons, pastèques, tomates, la choucroute, le miel, le vinaigre de cidre, etc.

À vrai dire, selon les sources auxquelles on se réfère, certains aliments ne sont pas classés de la même façon ; par exemple, le Dr Philippe-Gaston Besson écrit que les noix fraîches sont en équilibre acido-basique, alors que sur certains sites, les noix sont considérées comme très acidifiantes ; les laitages ne sont pas “mixtes” selon tous les spécialistes, ils sont plutôt classés parmi les aliments acidifiants.

Sur le site dont je mets le lien ci-dessous, vous trouverez des informations particulièrement détaillées sur l’équilibre acide-base et sur le classement des aliments :

http://www.creer-son-bien-etre.org/listes-des-aliments-alcalinisants-et-acidifiants

Pour lire un témoignage de guérison, saisissez dans votre moteur de recherche : “Nutrition  Comment le régime alcalin a guéri mon cancer” :

En conclusion, ce régime est moins restrictif que le régime cétogène. Il n’est pas déconseillé de manger de la viande, mais seulement de réduire sa consommation ; par ailleurs, le goût du sucre est présent dans les fruits, si bien qu’il est moins frustrant pour celui ou celle qui décide de l’appliquer. Enfin, si l’alimentation s’avère insuffisante pour corriger l’acidité des tissus, il est possible d’absorber des compléments alimentaires riches en bases (dont les ingrédients sont parfois controversés, c’est pourquoi je préfère détailler le sources alimentaires elles-mêmes).

La volonté d’alcaliniser le corps est également bien présente dans d’autres régimes ou cures, comme nous allons le voir.

B. Le régime Kousmine

Le Dr Catherine Kousmine (1904-1992) s’appuyait elle aussi aussi sur l’équilibre acide-base pour soigner le cancer ; le retour à une alimentation saine, bien éloignée des dérives modernes, et le contrôle du pH des aliments ne constituaient cependant pas ses uniques stratégies thérapeutiques puisqu’elle préconisait dans le même temps l’apport de vitamines, la désintoxication du foie, parfois par le biais de l’intestin (lavements), ainsi que l’immuno-modulation pour relancer le système immunitaire.

Dans ce régime, les légumes cuits et crus, les fruits, mais aussi les céréales complètes sont abondants. Tout doit être préparé à la maison, à partir de produits bruts, authentiques. Oubliez les céréales prêtes à l’emploi. Viandes et poissons maigres, cuits sans matière grasse, à l’étouffée ou à la vapeur, sont permis une fois par jour.

Cette cure ne bannit pas le fromage blanc comme en témoigne la célèbre recette de la crème Budwig (vous trouverez la recette sur internet, je retire ce lien qui cause un nouveau problème informatique, sans compter que la correction automatique lui préfère de loin la crème Ludwig ; merci, Ludwig, pour votre participation).

-Pour en savoir plus sur le régime Kousmine (et non Cousine, le correcteur est déchaîné) et découvrir un menu, voir ci-dessous :

https://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/Regimes/Fiche.aspx?doc=kousmine_regime

Un témoignage de guérison grâce à la méthode Kousmine me touche de près puisqu’il émane de l’une de mes tantes par alliance. En 1962, son frère Claude, âgé de 11 ans, fut atteint d’un cancer du système lymphatique (lymphome hodgkinien). D’abord pris en charge à l’hôpital de Berne, il subit une série de rayons émis par le bétatron. Sur le point d’être opéré pour ôter un chapelet de gros ganglions qui descendait du cou au cœur, il fut retiré in extremis de l’hôpital par son père qui venait d’entendre parler de la “doctoresse” Kousmine (selon la terminologie suisse). Toute la famille se mit au régime, qui débutait chaque matin par l’ingestion d’une cuillerée d’huile de lin. Seul le petit garçon suivit l’ensemble du protocole. Bilan : il guérit, les boules se résorbèrent totalement. Claude décéda à 41 ans. Les valves de son cœur avaient été atrophiées par les rayons, elles étaient toujours celles d’un enfant, l’opération destinée à les changer lui fut fatale. Mais le cancer avait disparu depuis longtemps.

C. La cure Gerson 

Cette cure cherche aussi à rétablir un pH élevé du corps. Elle est bien plus restrictive que les deux précédentes.

En effet, pour guérir le cancer, le Dr Max Gerson (1881-1959) préconisait une alimentation bio, composée de jus de fruits et de légumes frais, de végétaux consommés crus. Dans cette cure, les graisses et les protéines sont prohibées, de manière à ce que le corps intoxiqué opère sa propre guérison. Potassium et iode doivent être présents en bonne quantité dans l’organisme, nettoyé de ses déchets par des lavements au café.

Michel Dogna, ex-ingénieur chimiste devenu naturopathe, n’hésite pas à écrire que “deux médecins (Gerson et Kelley) illustres inconnus et bienfaiteurs ont guéri près de 80.000 cancéreux.” (Kelley, atteint d’un cancer du pancréas, avait suivi avec succès la méthode Gerson).

Nouveau problème avec le lien (vous vivez les affres du blogging en direct), mais vous pouvez retrouver la citation ci-dessus en saisissant dans votre moteur de recherche “michel dogna pratique de la cure gerson”. 

Passons maintenant à l’étude d’un autre mode d’alimentation.

D. La cure Breuss

Vous allez me dire : mais rien n’indique qu’elle s’emploie à désacidifier le corps. Vous avez raison, l’info n’est pas explicitement mentionnée. Nous avons cependant vu que les légumes étaient généralement alcalinisants, c’est-à-dire désacidifiants. Or, la cure Breuss est composée de jus de légumes : betteraves, carottes, céleri, radis et éventuellement une pomme de terre. Vous devez aussi boire des tisanes (alcalinisantes) pour accompagner vos jus de légumes et… c’est tout ! Les ennemis, ici, ce sont les protéines, pas les glucides. Un jus à base de betteraves est plutôt sucré !

Si vous parvenez à ne boire que cela, sans manger, pendant 42 jours, certains sites affirment que vous guérirez et l’on trouve d’ailleurs des témoignages en ce sens. (Pour ma part, je pense que c’est très très risqué surtout si au départ vous êtes aussi maigre que moi ! Mais j’ai dit que je mentionnerais les régimes réputés être anti-cancer, alors je le fais, ce qui ne veut pas dire que je les cautionne (tous), voir la suite !)

Plus d’infos ici :

https://www.alternativesante.fr/cancer/la-cure-anti-cancer-rudolph-breuss

Des témoignages :

http://jeune-et-randonnee.pagesperso-orange.fr/breusscure.htm

Le régime cétogène et ceux qui s’emploient à désacidifier le corps ne sont pas les seuls modes d’alimentation qui affirment guérir le cancer. Intéressons-nous maintenant aux polyamines, ou plutôt à leur absence.

3. Le régime pauvre en polyamines ou sans polyamines

Les polyamines, qu’est-ce que c’est ? Malgré la quasi-homonymie avec les polyamides, malgré les ingrédients bizarres qu’on trouve dans l’alimentation industrialisée, non, les polyamines ne sont pas du nylon. Cependant, si vous avez un cancer, il ne faudrait pas plus les avaler que vos collants ou ceux de votre compagne.

Les polyamines sont des composés organiques présents dans les bactéries, les plantes, chez les animaux et chez les humains. Chez l’humain, les polyamines sont fabriquées par l’organisme, en particulier dans les intestins, mais elles sont surtout apportées par la nourriture. Or il se trouve que des taux élevés de polyamines dans le sang ou les urines sont associés au cancer.

De nombreuses études ont été consacrées aux polyamines depuis le début du XXe siècle, si l’on en croit Dominique Duchêne, qui a publié un article à ce sujet dans le Magazine Nexus (n° 114, janvier-février 2018). Pourtant, remarque la journaliste, ces études sont rarement mentionnées. “Quand, après trente ans de recherche, le GRETAC, le Groupe de Recherche en Thérapie AntiCancéreuse du professeur Jacques-Philippe Moulinoux, de l’Université de Rennes, présente en 2004 ses travaux cliniques sur les polyamines, le monde de la recherche et les professionnels de la santé s’en désintéressent.” (p. 86)

Que disent ces travaux ? Que les polyamines, en se fixant sur la cellule cancéreuse, lui permettent de croître et de se diviser rapidement. Elles assurent ainsi la prolifération cellulaire et la dissémination des tumeurs. Au contraire, chez une personne en bonne santé, les taux de polyamines des cellules sont régulés.

Il s’agit donc de réduire l’apport alimentaire en polyamines et pour cela, un régime particulier est préconisé par l’équipe du professeur Jacques-Philippe Moulinoux qui a analysé plus de 400 aliments. Parmi ceux-ci, une soixantaine sont proscrits, et une soixantaine doivent être limités.

Les aliments très riches en polyamines sont les suivants : le foie, les fruits de mer, le roquefort et les bleus, le comté, le cantal, le munster, le soja, les farines d’épeautre, de sarrasin, de seigle, les flocons d’avoine, les graines (lin, sésame, courge, tournesol), les pois, lentilles, fèves, tomates, champignons, la choucroute, les agrumes et leurs jus, la banane, la mangue, etc.

En revanche, vous pouvez consommer du sucre, des crêpes et des éclairs !!! Mais pas de ratatouille, de basilic, de thym, de persil, de pintade, de truite rosée, de champignons, pourtant parfois réputés anti-cancérigènes, etc.

Un article très complet, qui s’appuie sur des études scientifiques, explique le rapport étroit qu’entretiennent cancer et polyamines ; saisissez “Sante et nutrition polyamines” dans votre moteur de recherche ; désolée de ne pas pouvoir insérer le lien, quand je dis que certains beuguent, et non beuglent, couché le correcteur ! c’est qu’ils importent des passages entiers voire de images géantes dans cet article et en ralentissent la saisie.

Ci-dessous, en cliquant sur le lien, vous accéderez à un guide des aliments classés en fonction de leur teneur en polyamides : à consommer de préférence, à consommer avec modération, à éviter le plus possible.

http://www.nutrialys.fr/wp-content/uploads/2011/09/Guide-des-aliments-pauvres-en-Polyamines.pdf

Cependant, les témoignages de guérison s’associent le plus souvent à l’adjonction de traitements :  produits Beljanski, inhibiteurs de la synthèse de polyamines, mais aussi antibiotiques et chirurgie.

Dans le numéro de Nexus cité plus haut (n° 114, janvier-février 2018), un médecin témoigne de manière anonyme pour dire qu’une cinquantaine de ses patients ont vu leur tumeur se nécroser (mais non disparaître entièrement) après avoir combiné régime sans polyamines et produits Beljanski (p. 90). Une patiente (Nathalie) qui a évité l’ablation de son sein grâce à cette méthode, a finalement été opérée d’un simple nodule. Elle évoque une de ses connaissances qui aurait été guérie uniquement grâce à l’alimentation sans polyamines, sans opération (p. 91).

Particularité de ce régime sans polyamines : il peut être suivi en consommant une boisson qu’on reconstitue à partir de sachets de poudre (la doctoresse Kousmine tombe à la renverse ! Moi pareil !) ; ce produit nommé “Castase” a été conçu par le professeur Jacques-Philippe Moulinoux et son équipe. Il est commercialisé par la société Nutrialys, peut s’obtenir sur prescription médicale et être remboursé par la sécurité sociale. On le trouve aussi en vente libre sur internet.

Mais tilt, tilt, tilt ! Cela ne vous évoque-t-il pas un tantinet le Clinutren,  la boisson ou le “dessert gourmand” de Nestlé dont j’ai épluché la composition plus haut ? Hé bien oui, bravo, gagné, car certains points communs se confirment : dans les deux cas, le patient ingère 200 ml de produit dont on vante les qualités “gourmandes” : “Arômes vanille, chocolat et légumes plus gourmands”. Si vous cherchez à privilégier les produits frais, bio, locaux, c’est cuit. Si vous avez développé une phobie du sucre, c’est cramé. En effet, examinons de plus près la composition de Castase  : 200 ml de cette boisson procurent 36 grammes de glucides : plus que la boisson ou la “cup” de Nestlé qui en contiennent respectivement 32 et 34,6 g. Toutefois, le sucre est un peu moins présent dans Castase que dans Clinutren : 10 grammes, soit 2 morceaux de sucre contre 15 grammes pour la boisson de Nestlé et 26 à 28 grammes pour le “dessert gourmand”. Castase contient aussi 15 grammes de protéines et 12 grammes de lipides, associés bien sûr à divers minéraux et vitamines.

Malgré toutes mes recherches, je n’arrive pas à savoir d’où proviennent les protéines de Castase : du lait, comme dans Clinutren ? Mystère. Ni le Vidal ni la notice ne le précisent, ce que je ne trouve pas particulièrement transparent.

Quoi qu’il en soit, selon le Vidal, il faudrait consommer de 3 à 5 Castase par jour, soit 6 à 10 morceaux de sucre. Je vous laisse faire le calcul pour les glucides, pour ma part, vous avez compris, en raison de ma vision ayatollesque du sucre, j’élimine Castase.

Ci-dessous, le lien vers un article dans lequel le professeur Moulinoux se réjouit que les métastases se stabilisent grâce à Castase (mais il ne dit pas du tout qu’elles régressent ou disparaissent, contrairement à ce qu’affirment les témoignages parus dans Nexus et cités plus haut).

http://www.leparisien.fr/societe/castase-la-nouvelle-boisson-anticancer-15-11-2008-310254.php

Évidemment, je ne peux m’empêcher de me demander si en ne consommant que les aliments sans sucre du régime sans polyamines, les résultats ne seraient pas meilleurs…

Mais poursuivons notre étude des modes d’alimentation anti-cancer, ou plutôt des modes de non-alimentation.

4. Le jeûne complet !

En jeûnant, que ce soit les glucides, les protéines ou les lipides qui nourrissent le cancer, on s’en fiche, puisque on n’en mange plus. Avouez, c’est radical !

Les aliments interdits : tous.

Les aliment préconisés : aucun. Vous pouvez boire un peu d’eau.

Mais hum, pour cesser de manger, il faut quand même quelques réserves, non ? Le jeûne n’est pas fait pour tout le monde, loin de là !

Remarquez qu’en même temps, après certaines chimios, il est carrément évident qu’on ne peut plus avaler, ni même boire ; j’ai parfois imaginé (je vais me faire des amis !) qu’en définitive, ce n’était pas les produits de chimio eux-mêmes qui faisaient baisser les marqueurs, mais … ce jeûne forcé induit par la chimio ! Forcément, hein, quand on ne mange pas, on délire.

Certaines perfusions, trop fortement plus fortement dosées, induisent même vomissement et transit accéléré. On voit bien que le corps cherche à se nettoyer par ses propres moyens de cette chimie toxique. La logique des régimes précédents, qui vise à purifier l’organisme d’un apport d’aliments considérés comme nocifs, s’en trouve renforcée.

D’autres régimes peuvent être mentionnés, mais ils sont plutôt présentés comme pouvant prévenir le cancer et non comme susceptibles de le guérir lorsqu’il s’est déclaré : le régime méditerranéen ou crétois, le régime Seignalet, voire le régime paléolithique, souvent critiqué. Ils correspondent donc moins à notre sujet si bien que je passe.

Revenons à la question principale : quelle alimentation choisir quand on veut éliminer définitivement son cancer ?

III. Quels aliments choisir, quels aliments bannir pour guérir du cancer ?

1. Des régimes, oui… mais contradictoires

Les régimes précédents ont l’immense mérite d’exister et d’être associés à des témoignages de guérison, qu’ils soient plus ou moins accompagnés d’autres stratégies.

Cependant, il faudrait être aveugle pour ne pas repérer d’énormes contradictions entre eux ; en voici quelques-unes :

– Le régime cétogène se méfie des glucides et promeut les lipides et les protéines, la cure Gerson veut au contraire que le patient supprime les lipides et les protéines de son alimentation. Le sucre honni dans le régime cétogène est sympathiquement intégré dans le régime sans polyamines qui propose une boisson sucrée pour mieux le respecter. Enfin, la cure Breuss, avec son jus de betteraves et de carottes, est elle aussi plutôt sucrée, même si d’autres éléments dans les végétaux peuvent venir compenser cet apport en glucides.

– Par ailleurs, le régime cétogène ne se préoccupe pas de l’acidification des tissus qui résulte de son application, et il s’oppose en cela au régime acido-basique, à la cure Gerson, à celle de Breuss, et au régime Kousmine qui alcalinisent le corps.

– Même entre ces régimes alcalinisants, on relève des contradictions : le régime acido-basique se méfie des céréales acidifiantes, mais la diète Kousmine les met à l’honneur.

– Si l’on revient un bref instant à la brochure de La Ligue contre le Cancer, éviter la dénutrition est fondamental, ce qui s’oppose à la cure Breuss, au jeûne intégral et même à la méthode Gerson qui se méfie des vitamines, abondantes dans les compléments alimentaires auxquels souscrit la Ligue.

Mais ce n’est pas tout :

– On peut aussi relever des incohérences liées à des aliments précis : les champignons, parfois réputés anti-cancer (les recherches à ce sujet fleurissent sur internet) sont bourrés de polyamines ; la grenade, dont la presse grand public nous dit qu’elle “permet de maintenir plus longtemps à un taux bas le niveau d’antigène prostatique spécifique (PSA), marqueur de l’évolution du cancer de la prostate chez l’homme” (selon des recherches sud-coréennes, Fémina n° 820, 18-24 décembre 2017) se signale par son acidité. Les crucifères, choux en tout genre, dont les médias, rapporteurs d’études médicales, nous affirment qu’ils inhibent la croissance des cellules tumorales sont parfois très riches en polyamines : brocolis et chou-fleur. Le docteur Kousmine préconisait un morceau de foie par semaine, mais le régime sans polyamines prohibe le foie. Je vous fais grâce des épices et en particulier du business autour du curcuma, “à éviter le plus possible” toujours selon le régime sans polyamine (Trois ronds rouges, ce qui constitue le pire du pire de la catégorie “À éviter le plus possible” ! Pareil pour le foie !). Etc. Etc.

Nous voilà bien avancés me direz-vous. En définitive, ces incompatibilités entre les modes d’alimentation auxquels on prête des vertus anti-cancer est de nature à les discréditer. Tout ça pour ça ! Mais nous aurions tort de nous décourager, puisque certaines recommandations convergent et dessinent le socle d’une alimentation anti-cancer.

2. Des pistes sérieuses pour une alimentation saine, propice à la guérison

Si l’on excepte l’étonnant Castase, les modes d’alimentation et les régimes mentionnés ci-dessus approuvent dans l’ensemble les produits non transformés, les plus authentiques possibles et les moins soumis aux toxines en tout genre. Ce qui se traduit par les recommandations suivantes :

– Fuir l’alimentation industrielle, bourrée de sucres (sirop de glucose, dextrose), et d’additifs en tout genre, tels épaississants, conservateurs, colorants etc.

Imaginons une tumeur gorgée de sucre, qui s’épaissit par exemple grâce au E 407 (carraghénanes) ou au E 415 (ou gomme xanthane) et qui se conserve grâce à des nitrites ou des nitrates (E 250, E 252) que vous consommerez lors du même repas : la bête vous remercie  !

Le bio n’est pas exempt de certains additifs douteux, même s’ils sont moins nombreux. Il autorise par exemple le E 407 ainsi que les E 250 et 252 que je viens de citer.

Ne comptez pas non plus sur la religion pour vous secourir. Par exemple, le E 407 et le E 415 sont à la fois Halal et Casher.

Vous avez compris : cuisinez vous-même et méfiez-vous des charcuteries même bio.

– Privilégier une nourriture fraîche et bio, des produits fournis bruts par de petits producteurs, tels les légumes de saison.

– Consommez des crudités : ils conservent bien les vitamines et les minéraux des aliments.

– Préférer les huiles de première pression à froid, de qualité biologique : elles gardent des nutriments essentiels.

– Se méfier de certains modes de cuisson qui libèrent des substances toxiques : les aliments grillés et brûlés deviennent cancérigènes. Mieux vaut les cuire doucement à la vapeur. Les hautes températures détruisent les vitamines.

– Attention à certains matériaux : les poêles en Tefal, les PFOA, les ustensiles qui contiennent de l’aluminium ; choisir plutôt des casseroles en acier inoxydable ou en fonte (les avis divergent sur la céramique, donc dans le doute, autant s’abstenir).

– Ne jamais chauffer le plastique car certaines des substances qu’il contient s’échappent alors dans les aliments. Le bisphénol A (BPA), interdit en France depuis 2015, a été retiré du plastique, mais les matériaux qui le remplacent sont-ils vraiment plus sûrs ? Si vous utilisez encore de vieilles spatules en plastique, de vieux récipients, jetez-les.

– Conserver plutôt les aliments dans des contenants en verre.

– Choisir des eaux de pH supérieur à 7. Les bouteilles d’eau en plastique peuvent avoir été entreposées en pleine chaleur ; certaines eaux de source, l’été, sentent vraiment le plastique (leur emballage plus fin que celui des eaux minérales laisse-t-il davantage s’échapper certains composants nocifs ?) : ne les consommez pas. Alterner avec des eaux filtrées (osmose inversée ou autres ; si carafe, boire l’eau juste après l’avoir filtrée, de manière à limiter l’exposition au plastique ; veiller à changer les filtres).

Une fois ces principaux points posés, il est important de trouver le mode d’alimentation le plus favorable à sa propre guérison. Comment procéder ?

3. Des réponses destinées à trouver le régime qui VOUS aidera à guérir

Je ne vous dis pas d’abandonner vos traitements conventionnels, mais je pense que l’alimentation joue un rôle fondamental et qu’elle ne peut que favoriser le retour à la santé, ou… le compromettre.

Dans tous les cas, il ne suffit pas que quelqu’un ait effectivement guéri de son cancer en se soumettant à un régime particulier pour que vous guérissiez, vous, en suivant le même. On trouve les témoignages de personnes qui ont guéri avec tel ou tel régime, mais on ne sait pas quelle est la proportion de celles pour lesquelles le même régime n’a pas fonctionné.

! 1′ –  Comment déterminer le mode d’alimentation le plus pertinent pour soi ?

En essayant. Certes, de grands points doivent être respectés (III, 2), mais chacun est différent.

Avez-vous remarqué que les chimios sont choisies en fonction d’un type de cancer ? Prostate, rein, cerveau, lymphe… Que ces chimios fonctionnent ou ne fonctionnent pas sur des patients atteints de la même pathologie ?

Sans même parler de chimio, les réactions à une substance courante de l’alimentation sont très différentes selon les consommateurs. Le café empêche les uns de dormir et, dans les cas extrêmes d’intolérance, est susceptible d’expédier quelqu’un à l’hôpital, alors que d’autres peuvent en consommer le soir sans que leur sommeil ne soit perturbé. Les sensibilités individuelles se manifestent avec bien d’autres aliments : arachides, soja, gluten, produits laitiers, etc.

! 2′ – Par quel régime débuter ?

Par celui qui vous attire le plus, tout simplement parce que ce sera le plus facile à respecter. Si vous êtes convaincu de l’efficacité d’un régime particulier, vous serez plus motivé pour le suivre. Peut-être même un effet placebo s’y ajoutera-t-il.

Autre stratégie, qui peut se combiner ou non avec la précédente : choisissez un mode d’alimentation différent de celui qui vous a causé des problèmes, il aura sans doute davantage de chancesssss de vous convenir.

! 3′ – Quand tester un nouveau mode d’alimentation ?

Si vous êtes en plein traitement, bourré de chimio, il est quasiment impossible de déduire que tel ou tel régime vous réussit à coup sûr, car la chimio peut éradiquer des erreurs alimentaires. Par ailleurs, si cette chimio est trop lourde très lourde, vous n’aurez peut-être pas envie de vous battre sur le front de l’alimentation. Personnellement, j’ai toujours pensé que le Coca n’était pas une boisson saine, et je n’aime même pas son goût, mais c’était la seule qui passait, en version light. L’eau, affreux.

Une alimentation sans trop de cochonneries industrielles, de sucre, glucose, etc. ne peut cependant que contribuer à de meilleurs résultats.

C’est dans l’entre-chimio et l’après-chimio que vous avez toutes les cartes en main et que vous pouvez décider de tester tel ou tel mode d’alimentation.

! 4′ – Combien de temps suivre un régime pour savoir s’il vous réussit ?

Difficile de généraliser puisque vous avez compris que chacun possède son propre métabolisme. Cependant, entre un mois et six semaines, vous devriez connaître la réponse. Comptez au moins trois semaines pour vous faire une petite idée de la situation. Les chimios respectent souvent un rythme de trois semaines, ce qui correspond à un cycle de régénération des cellules ; si les résultats de la première cure ne sont pas probants, on en tente une seconde trois semaines plus tard et on fait le point la sixième semaine. Certes, une chimio n’est pas exactement un régime, mais connaître ce premier critère d’évaluation donne une clé de mesure. La cure Breuss est d’ailleurs censée vous guérir en 42 jours, soit exactement 6 semaines. Quel que soit votre choix, inutile de persévérer quatre mois si aucune amélioration n’apparaît !

Vous l’avez compris, à mon avis, c’est une erreur totale de combiner deux régimes en les alternant toutes les deux semaines, comme on l’entend parfois. C’est trop court pour se faire une idée et cela déstabilise en outre complètement le corps. Donnez-vous ou donnez-lui plus de temps !

! 5′ – Comment vérifier si une stratégie vous convient ?

– Si vous êtes suivi régulièrement et de manière rapprochée : les marqueurs sanguins, les scanners et IRM vous serviront de boussole.

– Si vous êtes suivi, mais que le médecin vous donne rendez-vous dans trois mois, ou six : demandez-lui des analyses plus rapprochées, en particulier sanguines. Passez tous les 15 jours au labo.

Bon à savoir : personnellement, je trouvais que des analyses une fois par mois n’étaient pas suffisantes. Le labo a accepté sans problème de me faire une prise de sang destinée à évaluer les marqueurs. 25 euros pour ne pas faire fausse route.

À vrai dire, d’après mon expérience, il est plus facile d’obtenir la certitude qu’un régime ne fonctionne pas plutôt que l’inverse : dans le premier cas, les marqueurs remontent en flèche alors que dans le second, ils remontent juste un peu et chez les plus chanceux, d’après ce que nous avons appris en II, ils peuvent même descendre.

! 6′ – Et si un régime ne fonctionne pas ?

Essayez autrement, en prenant ce résultat somme une information, et non comme un échec.

Pour ma part, je crois que ma plus grosse déception fut liée au régime cétogène. Déception parce ce que la théorie métabolique me plaisait bien, elle semblait convaincante et elle est à coup sûr très enthousiasmante : guérir TOUS les patients avec la MÊME alimentation, yeah ! Certes, il faut bravement se séparer du sucre (snirf !), mais bon ! (Enfin, pas tellement d’ailleurs, rien n’est bon dans le cétogène quand on aime les douceurs !). Tant d’efforts pour rien du tout !

Je regrette aussi que ce régime n’ait pas fonctionné parce que j’ai beaucoup apprécié les qualités humaines du Dr Schwartz, alors tant qu’à faire, j’aurais aimé que ce soit lui qui ait trouvé LA solution au problème du cancer, qui plus est une solution peu onéreuse. Au fait, j’ai lu sur un forum qu’il ne recevrait que certains privilégiés : c’est faux. J’ai adhéré à l’Association dont j’ai mis les coordonnées  ci-dessus (Guérir du cancer, à l’époque elle s’appelait encore Cancer et métabolisme), et c’est elle qui m’a fixé un rendez-vous avec le Dr Schwartz. Je ne connaissais personne dans cette association avant d’y adhérer, je l’avais découverte sur internet.

Mais revenons au régime cétogène. Dans un premier temps (3 mois), il a bien fonctionné, associé à des comprimés de chimio (Alkeran). Puis les marqueurs ont stagné, et ils étaient encore très élevés (1000). Pour les faire baisser, ajout du traitement métabolique : hydroxycitrate de calcium, acide R-Lipoïque et Metformine. Résultat catastrophique : CA 125 en progression, de même que le taux d’urée. Qui plus est, la Metformine me donnait des vertiges. Le Dr Schwartz, le jour où il m’avait reçue, avait demandé à l’un de ses collègues, un oncologue, de me voir quelques minutes parce qu’il voulait s’assurer qu’il n’y avait pas contradiction entre Alkeran et les compléments alimentaires qu’il préconisait. Réponse du collègue : “Pourquoi y aurait-il contradiction ?” Mystère et boule de gomme, mais il doit bien y avoir une vraie réponse à cette question qui se présentait pourtant comme une réponse (j’espère que vous me suivez, même moi parfois j’ai du mal…).

Point positif : retour aux fruits et abandon du gras. Vade retro, grassi ! Vivant fructus  !

Ne croyez pas pour autant que le remplacement des protéines animales par des protéines végétales fut LA solution. Ma plus grosse déception fut certes celle du régime cétogène, tant j’y croyais, mais la remontée des marqueurs la plus spectaculaire fut obtenue avec … des lentilles ! Pois chiches et quinoa, même résultat ! Au balcon, les partisans du régime sans polyamines applaudissent.

! 7′- Comment se motiver ou se remotiver ?

En fuyant les gens pessimistes, ceux qui vous regardent comme un pestiféré, en prenant de la distance par rapport aux phrases lapidaires des médecins et en lisant au contraire des témoignages de guérison, parfois totalement incompréhensibles pour la science actuelle. Le simple fait que vous lisiez cet article jusqu’ici prouve que non seulement vous savez ou percevez que l’alimentation joue un rôle essentiel, ce qui déjà vous donne un immense atout par rapport à de nombreuses personnes qui ne s’en préoccupent absolument pas. Cela vous surprend peut-être, mais c’est la pure vérité, j’ai vu des patients arriver en chimio avec des gâteaux à la crème et au chocolat, parfois avec de gros paquets de chips partagés avec leur accompagnateur (vingt minutes après, certains partent vomir…).

En outre, si vous commettez des erreurs dans vos choix, vous saurez les réviser en tenant compte des informations précédentes (en particulier II et III, 2) : vous êtes sur le bon chemin, même si peut-être la route n’est pas toute droite. Cela dit, vous pouvez emprunter la bonne voie du premier coup !

 Conclusion :

            Nous avons tout d’abord examiné comment le sujet de l’alimentation était traité par les instances officielles chargées de l’information des patients : si vous êtes atteint d’un cancer, il s’agira avant tout de vous nourrir pour que vous supportiez les traitements les plus lourds. Le glucose, pourtant utilisé pour détecter les cellules malignes, est paradoxalement préconisé pour vous aider à résister au choc des chimiothérapies, de la chirurgie, des séances de rayons. À l’opposé de cette vision, d’autres voix s’élèvent, qui considèrent l’alimentation comme une stratégie thérapeutique fondamentale assurant la désintoxication du corps et son auto-guérison. Les régimes santé les plus célèbres se signalent par de grandes différences, mais possèdent aussi des points communs, en particulier celui de vouloir revenir à une alimentation saine, non industrialisée, non transformée. En définitive, il semble probable que le métabolisme, les gènes, la sensibilité de chacun jouent un rôle moteur dans la réussite ou l’échec d’un choix particulier et il est bien dommage que les patients préoccupés par leur alimentation doivent se livrer à des procédés empiriques pour tenter de guérir alors que des études scientifiques pourraient approfondir cette question et lui donner des réponses. Il est vrai que le résultat ne serait pas rentable d’un point de vue financier.

            Quoi qu’il en soit, j’espère que cet article vous aidera dans votre parcours ; si vous avez d’autres témoignages ou idées à faire passer, vous pouvez les laisser dans les commentaires ci-dessous

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7 réponses à Cancer : quelle alimentation, quel régime ?

  1. Caroline dit :

    Ces articles sont clairs, bien ordonnés.
    Quel parcours! Nombreuses de vos recherches nous sont livrées, vous avez su dénoncer pour partager, sans agressivité, ni calomnie. Quel sang froid! Pourtant le milieu médical s’avère souvent bien rude voire sans âme. Toutefois vous restez mesurée en évoquant votre parcours, ces protocoles si peu individualisés que vous cherchez parfois à contourner malgré les avis, ces rdv impersonnels,ces mots d horreur que vous avez du entendre !
    On voit bien que vous ne voulez pas subir mais plutôt comprendre, chercher, trouver des traitements et hygiènes de vie qui puissent vous correspondre au mieux. C est ce qui est important de savoir pour nous, lecteurs, c est que c est possible !
    Vous avez su préserver une force en vous indispensable à combattre ce et ceux que vous avez réussi à vaincre.
    Bravo, bravo pour cette puissance.
    Vous avez su rester objective, c est ce qui change de certains articles, ce geste de partage est votre choix et il en est d autant plus salutaire que vous nous le livrez avec tellement d humour!
    Chacun y trouvera des pistes et pourra les exploiter comme il le ressent.
    Merci pour ces informations !!!

    • Nathalie G dit :

      Merci beaucoup pour vos mots.
      J’ai souhaité partagé mon expérience parce que je pense qu’échanger permet de mieux se découvrir, dans sa singularité parfois. J’ai souvent réfléchi à ce que j’avais entendu ou lu lors de ces trois dernières années (et demie !) et je pense que chacun devrait pouvoir respecter ce qu’il sent profondément en lui, à partir du moment où il est informé, largement informé.
      Je ne me sens pas très puissante à vrai dire, mais je parie sur l’honnêteté en espérant toujours ne choquer personne, même si moi, parfois, j’ai été très choquée, en particulier lorsque j’ai été réduite à ma pathologie, “pathologisée” ! L’humour est très protecteur !!!

  2. Nathalie G dit :
  3. muriel dit :

    bonsoir Nathalie
    et bravo pour cet article complet
    mais j’avoue que du coup je ne sais plus dans quelle direction aller à part faire comme toi des “essais” ! mais comment vraiment savoir si çà fonctionne ?
    personnellement j’ai commencé le traitement du Docteur Schwarz (que tu as rencontré en personne la classe !) en me faisant suivre par mon homéo depuis la fin de ma chimio
    je n’ai pas rechuté depuis malgré un pronostic de maladie chronique avec gros risque de rechute mais comme je prends des piqures de gui et j’ai limité mes apports glycémiques qui fait quoi ? peu importe au final tant que je reste en rémission
    mais c’est vrai qu’on a tellement peur de la rechute qu’on arrive à faire des régimes qui nous privent parfois de bonnes choses !
    j’en parle dans mon blog
    https://itinerairemalinduncancercolonisateur.wordpress.com
    bonne soirée

    • Nathalie G dit :

      Merci pour ce message. Eh oui, si ça marche pour toi, continue.
      Pour savoir si ça fonctionne, il n’y a plus qu’à attendre le résultat des analyses ou examens qu’on te prescrit ; dans mon cas, le marqueur sanguin – CA 125 – a toujours été très révélateur. Raison pour laquelle je fais des analyses de sang au moins une fois par mois, prescrites par mon oncologue. Les marqueurs ne sont pas les mêmes pour chaque cancer et apparemment, certains sont bien plus fiables que d’autres.

  4. Anne-Claire Sauvajon dit :

    Bonjour,

    Merci de cet article si complet et tellement réaliste. En effet, je confirme que la seule solution c’est tester le régime qui fonctionne pour chaque personne.
    Importance des compléments alimentaires à mon avis pour aider lors des traitements.

    Bonne chance à tous/toutes.

    Anne-Claire

  5. Nathalie G dit :

    Bonjour,

    Merci pour votre message. Oui, les compléments alimentaires aident, là encore, il faut tester leur efficacité sur chacun, qui peut d’ailleurs évoluer selon les moments et les traitements.
    Plein de bonnes intuitions à vous !

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