Changer d’oncologue

Changer d'oncologue

Comment faire pour ….

changer d’oncologue !

 

Non, non, non, je ne suis pas obsédée par les oncologues ou tout du moins, je vais me désobséder vite fait, ce sera le dernier article de ma série avant de passer à des sujets plus fun !

En effet, je voulais écrire cet article dès le début. Mais rattrapée par mon esprit critique (même moi, j’en suis victime !), je me suis rendu compte qu’avant de changer d’oncologue, il fallait commencer par définir ce qu’était un “bon” oncologue (d’où le 1er article, cliquez ici), puis qu’il fallait trouver cet oncologue susceptible de vous convenir (cliquez ), et qu’enfin, seulement il devenait possible de changer (lire ci-dessous).

Car souvent, j’ai changé à la vitesse de l’éclair et sans trop savoir où j’allais, touchée, en plus du cancer, par un syndrome radical et récurrent, limite chronique, la fostyrévit. Mais je tiens à vous éviter mes erreurs et mes errances.

Vous vous dites peut-être qu’une fois les deux étapes précédentes posées, il suffit de prendre son téléphone et de demander un rendez-vous rapide dans un autre centre. Aucun problème, sauf éventuellement avec Orange ou Bouygues ! Tant mieux si vous pensez ainsi, quels que soient par ailleurs vos problèmes de téléphonie : aucun frein psychologique ne vous retient et vous avez bien compris que ce ne serait pas forcément partout pareil (ce que je me suis aussi employée à démontrer dans le premier article de la série, toujours ici).

Mais de nombreuses personnes n’osent tout simplement pas changer d’oncologue. Elles préfèrent mourir plutôt que de blesser les susceptibilités, elles ne veulent pas déranger, elles trouvent le personnel (infirmières, soignants en général) gentils, même si les protocoles sont méchants et inefficaces. Comment, en effet, dire à MégaProf ou SuperOnco ou DocBlabla qu’on n’a de moins en moins confiance ou plus du tout confiance et qu’on veut aller voir ailleurs s’il n’y a pas mieux ? Pire encore, si une bonne relation s’est instaurée avec votre oncologue, comment s’y prendre pour ne pas paraître, au choix, malpoli, brutal, grossier, vexant, etc. en allant consulter ailleurs ? Et à votre bonne éducation s’ajoutent d’autres paramètres, qui vous conditionnent à votre insu.

Car plusieurs témoignages confirment que ce problème – qui consiste à ne pas oser changer d’oncologue – est particulièrement frappant en France et dans tous les pays où les soins sont remboursés. Dans ceux où les patients financent eux-mêmes leurs traitements (Amérique du Sud, Asie, … ), ils n’hésitent pas à mettre les médecins en concurrence et à choisir celui qu’ils considèrent comme le meilleur. Comparez avec votre voiture ou le vétérinaire de votre chien/ chat : vous payez, vous choisissez. Mais pour vous qui ne payez pas, vous ne choisissez pas. Tout est fait d’ailleurs pour vous persuader que vous bénéficiez du meilleur système du monde, en particulier parce qu’il est gratuit. Mieux encore : l’État verse des sommes importantes pour vous sauver, et vous êtes traité(e) comme les grands de ce monde. Tel un Chef d’État ou une star, vous vous faites conduire par un chauffeur dans un taxi noir ; tel Louis XIV ou Elisabeth I, vous avez droit à une perruque qu’un coiffeur choisira avec soin, en tenant compte de vos desiderata. Vous voilà embarqué(e) dans un monde où tout est mis en place pour votre confort, comment les traitements dont vous “bénéficierez” (terme consacré) ne seraient-ils pas à la hauteur de ce que vous pouvez juger, la puissance de la voiture, son esthétique, ou celle de la perruque dont les qualités sont vantées par une professionnelle experte ? Mais tout don appelle un don en retour : vos capitulez en ce qui concerne les soins, vous donnez votre confiance, vous vous laissez faire.

Malgré tout cet apparat externe et différents obstacles psychologiques internes, si vous sentez que votre santé est de plus en plus compromise, vous voudrez peut-être changer d’oncologue.

Venons-en aux différentes stratégies que vous pourriez utiliser. Elles ne sont en rien des conseils, mais représentent plutôt un éventail de possibilités que vous pourrez compléter.

Plusieurs méthodes sont envisageables, en fonction de votre situation et de votre personnalité :

(Je précise que j’utilise le masculin de manière neutre et qu’il renvoie donc aussi au féminin. J’ai tenté les il/elle mais le résultat est illisible ; donc “un oncologue” ou “un médecin” = femme ou homme, pareil pour “confrère” : peut renvoyer dans les faits à une consœur)

I. Vous ne dites rien et vous allez consulter ailleurs.

– Vous n’avez pas l’intention de revenir dans un lieu où vos soins se passent mal.

– Vous reviendrez peut-être, on verra bien, et en attendant, go !

Suite de l’épisode :

—> Vous ne revenez effectivement pas à votre point de départ : le centre ou l’oncologue numéro 2 vous convainc davantage que le premier. Tout va pour le mieux, vous regrettez éventuellement de ne pas avoir vidé votre sac avant de partir, mais vous ressentez surtout un immense soulagement et une certaine fierté d’avoir osé.

—> Hélas, vous devez reculer d’une case et revenir à votre point de départ car le centre ou l’oncologue n° 2 ne vous a pas convaincu ou pire encore, parce que l’oncologue que vous avez pris l’initiative d’aller voir vous renvoie au premier, par exemple pour faire appliquer le traitement qu’il préconise dans un centre plus proche de votre domicile.

Vous redoutez peut-être ce moment. Que direz-vous ?

1. Il ne fait aucune allusion à votre escapade et l’oncologue n° 2 ne vous a pas convaincu.

– Chouette ! Il n’a pas été averti. Pas étonnant, n° 2 ne semblait pas très sérieux.

– Moins chouette, le courrier du confrère n’est pas arrivé ou s’est égaré, tant c’est la panique à la poste ou dans l’hôpital. Mais même résultat.

– Autre possibilité : vous avez trouvé votre jumeau astral, lui-même n’a pas envie d’aborder votre épisode d’égarement.

Dans ces cas-là, peut-être ne direz-vous rien. Vous souhaitez évoquer votre recherche ? Lisez la suite.

2. Il aborde le sujet de manière neutre ou avec décontraction :

– Neutre : “Alors, vous êtes allé(e) voir…”

– Décontracté : “Ah ah, M. X/ Mme Y, vous n’êtes pas bien ici que vous allez consulter des confrères ?”

 S’il aborde le sujet, vous devrez vraisemblablement prononcer quelques mots.

 Propositions :

. Style neutre et factuel : vous exposez les raisons qui vous ont conduit à consulter ailleurs : résultats insuffisants, besoin d’avoir un autre avis car tout le monde y a droit (et non “car tout le monde peut se tromper” !), trop de souffrance et nécessité de savoir s’il n’existait pas une autre solution.

. Style grand lecteur innocent : “À vrai dire, c’est un peu grâce à vous. Sur toutes les étagères et tables de votre salle d’attente,  on trouve des brochures/ magazines qui détaillent toutes sortes de traitements innovants.”

N’hésitez pas à développer :

. Style reconnaissant : “Merci Mon Dieu, vous m’avez mis(e) sur la voie !”

. Style déçu et repentant : “Mais j’ai attendu trois heures et on ne m’a rien proposé.”

. Style flatteur : “Mais en fait personne ne vous vaut, Docteur ! D’ailleurs,  voyez je suis revenu. À l’amour à la mort ! (Apollinaire ? Je ne retrouve plus la référence)

. Style pathétique : “Mais Docteur, je stressais tant.”

L’astuce ici consiste à ne pas le mettre en cause lui, mais à vous mettre en cause, vous.

..  Variation en style freudien : vous paniquez complètement,  votre inconscient vous guide, cet “Autre qui est en [v]ous”, comme disait déjà Maupassant. (Pierre et Jean, 1888).

N’importe qui au XXIe siècle,  même un non-médecin,  sait que l’être humain peut être en proie à des pulsions irraisonnées : votre trouble est parfaitement répertorié en médecine, et pour une fois qu’un problème peut être une solution, utilisez-le ou la.

.. Variation en style “habité” : c’est le Diable, vous êtes possédé(e),  une voix vous parle, etc.

Bon, vous risquez un scanner du cerveau, c’est vous qui voyez.

. Style effets secondaires : “Oui, alors, c’est bizarre mais depuis que je suis des traitements,  je ne me reconnais plus !”

Après tout, tous n’ont peut être pas été déclarés à l’ANSM.

.. Complément en style double lien ; vous offrez une alternative :
“Oui alors c’est bizarre, mais depuis que je suis des traitements,  je ne me reconnais plus… ou alors c’est le cancer ?!”
Et vous laissez l’oncologue choisir en fonction de ses croyances. Cette astucieuse technique de manipulation est employée dans de nombreux domaines, elle vous donne l’impression de décider,  ce qui est tout de même génial,  mais en fait on vous oblige à accepter l’une des deux propositions, en laissant dans l’ombre le fond du problème ; exemples en mode hypnose : “Je me demande si vous entrerez en transe les yeux ouverts ou fermés ?” (Dans tous les cas, vous entrez en transe) ; en mode enseignant : “Vous préférez un contrôle la semaine prochaine ou celle-ci ?” (Dans tous les cas, vous n’échappez pas au contrôle) ; en mode démocratique : “Vous voulez payer votre taxe en une fois ou en plusieurs ?” (Vous payez !).

. Style C’est pas ma faute (très très célèbre, pratiqué par l’enfant le plus naïf comme par le séducteur le plus roué, Valmont, dans Les Liaisons dangereuses, 1782) : là, vous chargez toute votre famille, vos proches, votre caniche et bien sûr votre poisson rouge : ce sont eux qui vous ont dit d’aller consulter ailleurs, qui ont pris le rendez-vous, vous vous ne vouliez pas, vous l’aimez tant.

3. Mince, il le prend mal ! En particulier si son confrère a eu une idée à laquelle il n’avait pas pensé !

(Je précise que les deux premiers cas ci-dessous s’inspirent de mon expérience personnelle, je cite ce que j’ai entendu, mais comme d’habitude, je ne donne pas le nom des médecins)

– Il est super humilié, voire déprimé : “Il est bien, ce Docteur Monrival. Il a pensé au (nom d’un produit)”.

Que répondre ? Propositions :

. Rien.  Hum !

. Super méga relax : “Cool, Docteur, c’est pas vous qui avez le cancer !” ; moi, j’aime bien, mais bon vous ne serez peut-être pas convaincu.

. Réconfortant, alors ? “Non, mais vous aussi, vous êtes formidable, d’ailleurs, il m’a renvoyé(e) chez vous pour le traitement/ je suis revenu(e) vous voir.”

. Moins enthousiaste, mais magnanime : “On ne peut pas penser à tout” (méfiez-vous des automatismes, n’ajoutez pas “l’erreur est humaine”!).

– Il est mégaarchivexé : “Moâââââââââ, si vous m’en aviez parlé (?????? Ah, vous le voyiez pour boire un coup ?), je ne vous aurais pas proposé cela ! Mais puisque vous avez jugé bon d’aller voir ailleurs…”

Ouh la la comme dirait Dale Carnegie dans son best-seller intergalactique, Comment se faire des amis ? Ça part mal ! Que faire ?

. Restez factuel. J’ai demandé à cet oncologue s’il pouvait effectivement mettre en place le traitement auquel avait pensé son confrère, sans même chercher à me justifier.

Si j’étais revenue le voir, c’était bien contre ma volonté, j’avais été renvoyée chez lui pour la seule raison qu’il était proche de chez moi. L’irréfutable critère de qualité déjà évoqué.

. Conciliant : vous mettez ça sur le compte d’un problème de communication (franchement, j’aimerais faire partie de vos relations, vous êtes très sympa).

– Il est agacé, voire fâché : son ton de voix le prouve, il est sur le point de vous aboyer dessus ou il le fait. Est-il colérique et sous pression ? Se calmera-t-il aussi vite qu’il s’est énervé ?

. Restez factuel. Si vous êtes allé(e) voir ailleurs, c’est que vous aviez de bonnes raisons.

. Vous pouvez aussi reprendre certaines des propositions de I,2.

. Phrase magique : “Qu’auriez-vous fait à ma place ?”

Si vous lui redonnez le pouvoir, peut-être se calmera-t-il.

Le procédé d’identification peut également fonctionner : éventuellement traversé par la révélation qu’il aurait agi de la même manière, il reviendra à de meilleurs sentiments envers vous.

Si l’ambiance est trop dégradée, que vous ne supportez plus cette tension supplémentaire ou que vous n’êtes définitivement pas convaincu par ce retour à votre point de départ, continuez à chercher un autre lieu de soins. Mégaarchivexé, bye bye !

4. Il ne fait aucune allusion à votre escapade or l’oncologue n° 2 a indiqué un traitement qui pourrait vous convenir :

– Restez factuel et exposez votre situation.

– Vous pouvez aussi utiliser comme arguments certaines propositions de I, 2 : “Un jour, j’ai lu dans une de vos brochures que des traitements innovants existaient et…”, “J’étais très stressé(e) et…”, “Ma famille m’a pris rendez-vous et…”, etc.

– Vous pouvez utiliser toutes les précautions oratoires que vous voulez : “Docteur, je dois vous dire quelque chose “, “Vous allez me trouver bizarre / ingrat (e)/ fou (folle)”, “Je vais vous en raconter une bien bonne ! Heureusement vous êtes assis !”…

– Même le contexte peut vous aider : “Docteur, j’aimerais vous parler des grèves en France, des problèmes de distribution du courrier et de la réduction drastique des personnels en milieu hospitalier, dont nous sommes tous les deux victimes”…

 Quelle que soit sa réaction (surpris, ennuyé, fâché…), vous trouverez des éléments de réponse dans ce qui précède (I, 2 et I, 3).

 Info importante : si vraiment ce courrier du confrère a disparu, contactez votre médecin généraliste qui peut avoir reçu un exemplaire ; ou alors appelez la secrétaire de l’oncologue n° 2 (le secrétaire ? Peu probable).

 

II. Il n’est pas question pour vous d’aller consulter ailleurs sans prévenir votre oncologue.

En effet,  vous avez été bien élevé(e) ou vous êtes un(e) adepte de la transparence,  ce qui ne vous facilite pas nécessairement la tâche si vous voulez changer d’oncologue.

1. Vous n’avez encore pas pris le rendez-vous,  vous tâtez donc le terrain :

Vous exposez tous vos problèmes à votre oncologue,  et vous ajoutez que vous avez entendu parler de tel ou tel médecin ou de thérapies de dernière génération dans tel ou tel centre.
Vous pouvez complétez avec des arguments que vous trouverez dans les propositions de I, 2 et I, 3.

Là-dessus, le médecin a plusieurs tours dans son sac :

– “Oui, on peut vous envoyer ici ou là mais pour vous ce serait mieux avec Untel “. 
Génial, il n’est pas seul dans sa tour.

– Cas particulier : votre destination d’escapade et la sienne ne coïncident pas : discutez en.  Vous venez cependant d’élargir vos perspectives, qui vous oblige à les réduire ? Si c’est la fatigue,  ménagez-vous. Vous pouvez certes choisir entre le médecin qu’il vous conseille et le centre auquel vous avez pensé. Mais vous pouvez aussi vous rendre aux deux rendez-vous. Le plus probable : il vous obtiendra un rendez-vous rapide, vous-même obtiendrez un rendez-vous plus tardif, donc vous aurez le temps de récupérer du premier avant de vous rendre au second. Vous pourrez aussi annuler le second parce que le premier vous aura satisfait. Comme dirait ma nièce : “Ne lâchez rien !”

– “Cher Monsieur,  chère Madame, à quoi bon vous déplacez ? Nous envoyons votre dossier au centre en question.

Personnellement,  je n’ai jamais vu un seul médecin qui prescrivait un traitement sans avoir vu le patient, alors en oncologie ! L’oncologue de ma tante qui avait paraît-il envoyé son dossier complet dans un grand centre ne nous a toujours pas averti de la réponse,  si toutefois elle en a eu une depuis le décès de sa patiente trop patiente.

Bref, les contes c’est bien joli,  mais plutôt que de les écouter, imitez le héros et passez à l’action.

. “Nous quitter ! Vous n’y pensez pas ! On peut vous trouver le produit/ un autre traitement, nous.”
Pourquoi n’y a-t-il pas pensé tout seul avant,  mystère.
Sa proposition doit être prise en considération mais il s’agit aussi de mesurer sa pertinence, voire sa véracité.
Comment l’évaluer ? Par des réponses ! 
Concrètement,  à quel nouveau traitement pense-t-il ? Notez le nom, ça peut servir, surtout si vous consultez ailleurs : vous comparerez. Quels sont les risques ? Est-ce le type de traitement auquel vous pensiez ? Thérapie ciblée par exemple. Et quand pourrait-il commencer à mettre en place cette nouvelle stratégie thérapeutique ?

Une fois que vous avez tous ces éléments en main, vous pouvez vous en remettre à lui… ou pas.

– Ouille ! Il le prend mal ! Il est hypermégavexé,  il se fâche,  etc. “Est ce qu’on vous soigne mal ici ?” vous engueule-t-il.
Avouez, quel que soit votre désir de transparence,  il est difficile de répondre calmement et concisément : “Oui” avant de vous mettre à gueuler à votre tour. Enfin, remarquez, si vous le faites, il sera peut être tellement soufflé qu’il se calmera. Je vous remercie de nous informer de la suite en laissant un commentaire.

Mais la plupart d’entre vous préféreront sans doute biaiser en ménageant votre oncologue, même si lui ne vous ménage pas.

Je vous renvoie donc à ce qui a été proposé en fin de I. Vous expliquez ou réexpliquez calmement vos raisons en restant le plus objectif possible. Et vous ajoutez éventuellement la question magique : “Que feriez-vous à ma place ?”

Il aura peut être une idée…  ou du moins se calmera, espérons-le.

Personnellement, je ne pense pas que mentionner votre désir de changement vous expose à être plus mal soigné dans votre centre : d’ailleurs, si vous souhaitez changer, c’est bien que vous n’êtes déjà pas très convaincu ! Les rapports peuvent certes se tendre un peu au moment où vous révélez votre esprit d’initiative, mais sur le moyen terme, le médecin peut aussi mieux veiller sur vous sentant que vous êtes exigeant ou qu’il est exposé au regard d’un confrère. Maintenant, si vraiment vous sentez une nouvelle dégradation liée à un ego blessé, partez définitivement.

2. Vous avez déjà pris un rendez-vous ailleurs.

Vous l’annoncez de but en blanc au médecin. Si vous ne lui avez jamais fait part d’aucun doute avant, sa réaction dépend de son caractère et je vous renvoie à toutes les possibilités de réponses énumérées en I et II.

Vous lui laissez beaucoup moins le temps de réfléchir que s’il recevait le compte-rendu d’un collègue avant votre rendez-vous. Vous ne lui avez pas non plus exposé vos raisons et cherché à savoir s’il avait quelque chose à vous proposer. Cela ne veut pas forcément dire que vous allez vous faire jeter, l’un de mes oncologues successifs a paru soulagé ! Et par la suite, quand quelque chose l’inquiétait, il n’hésitait pas à me demander : “Nathalie, vous allez consulter ailleurs ? Vous avez des rendez-vous ?” Parfait pour faciliter l’infidélité ! Un peu inquiétant tout de même, mais hommage pour l’humilité !

 

III.  Cas particulier : vous voulez changer, mais pour un autre médecin dans le même service.

En effet, celui-ci a pratiqué sur vous une micro-intervention qui révèle de meilleures compétences que celles que manifeste le premier, ou alors ce deuxième oncologue a mentionné d’autres traitements qui pourraient vous convenir alors que n° 1 s’obstine dans sa démarche.

Alors de deux choses l’une : soit le système hiérarchique propre au centre considère que n° 2 possède un rang supérieur à n°1, soit ce n’est pas le cas.

– Si n° 2 est mieux classé, votre demande paraîtra intellectuellement et moralement acceptable, peut-être même réalisable.

– Si n° 2 est à égalité avec n° 1 : problème.

– Si n° 2 est jugé inférieur à n° 1 (plus jeune, nouvellement recruté, etc.) : hérésie ! L’algorithme des possibles en matière de choix placera un oncologue du Pakistan loin devant ce médecin, à supposer d’ailleurs qu’il le classe.

Incarnation humaine de l’algorithme : les infirmières ; vous parlez de votre souhait et vous lisez le résultat sur leur visage : souriant = OK,  stupéfait, gêné, fermé = mieux vaut oublier votre sacrilège.

À partir de là, il se pourrait même que vous ne voyiez plus l’oncologue n° 2 : il n’ose plus s’approcher de vous, et même quand il est de garde et doit vous faire une ordonnance, il se claquemure dans son bureau et demande à une infirmière ou à une secrétaire de vous la donner. Véridique. Vous n’avez plus qu’à chercher son équivalent dans un autre centre.

Conclusion :

J’espère que cet article vous donnera des clés ou des éléments de réflexion si vous décidez de changer d’oncologue.

N’hésitez pas à faire part de vos expériences dans les commentaires.

 

 

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Une réponse à Changer d’oncologue

  1. muriel dit :

    bonjour Nathalie
    c’est bien tu as pris tous les cas de figures,
    Perso depuis que je suis tombée malade je me pose moins de question si je vexerai ou non le médecin dont je ne suis plus satisfaite,
    Après c’est de savoir si le nouveau sera mieux et revenir en arrière est plus difficile
    Pour ma part j’ai demandé 2 avis de chirurgien pour ma rechute pulmonaire. J’en ai parlé à l’onco et au chirurgien qui très intelligent m’a dit que c’était une bonne chose et ne l’a pas pris mal du tout !
    Autre point quand on prend l’habitude avec une onco comme la mienne qui est très humaine il est plus difficile de s’en détacher ! On n’a moins de scrupule avec un médecin sans cœur !
    https://itinerairemalinduncancercolonisateur.wordpress.com
    bonne soirée

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