Les perles des médecins

LES PERLES DES MÉDECINS

 

Puisque Internet propose les perles des patients compilées par les médecins, il est bon de rétablir l’équilibre en répertoriant les perles des médecins entendues par une patiente. Non, mais !

Code : oncologue = cancérologue (le correcteur Google propose malicieusement cancrologue ! Google, ah ah, quel esprit !!!)

 

Une gynéco incompétente :

“Si vous avez un problème, à coup sûr, il n’est pas d’ordre gynécologique !

Un mois et demi plus tard, vous apprenez que vous avez un cancer de l’ovaire de stade IV : quand les cellules cancéreuses ont envahi le poumon et que le pneumologue vous affirme qu’elles sont âgées de six mois.

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Un oncologue épaté :

            “On se connaît depuis combien de temps déjà ? Un an ? Franchement, quand je vous ai vue la première fois, j’aurais pas parié !”

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Un oncologue débordé auxquels vous apportez le jour de votre rendez-vous les analyses sanguines que le labo lui expédie chaque semaine :

“Oh lala, oh lalâââ, oh lalâ lalâââhhh, les transaminases sont élevées, il faut arrêter votre chimio orale, oh lalââ !

– Ah bon ?! Mais, euh, ce sont les mêmes chiffres depuis plus d’un mois, je fais vos analyses toutes les semaines comme vous le demandez, vous ne les recevez pas ?

Ah mais ?! (Haut-le-corps) vous ne croyez quand même pas que j’ai le temps de tout lire ?!! Avec tout ce qu’on reçoit !!!”

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Un oncologue qui n’a pas bien compris le but de son job :

Vous refusez le traitement agressif qu’il vous propose, pensant qu’il ne fera que vous tuer plus rapidement et surtout, en souffrant (vision épouvantable des malheureux rencontrés dans le centre dans lequel il bosse + souvenirs de l’expérience fatale de plusieurs de vos proches, qui avaient d’ailleurs débuté leur chimiothérapie dans un meilleur état physique que vous). Bilan : vous réglez la consultation et repartez les mains vides. Désespérée, vous consultez ensuite dans un MégaCentre où MégaProf vous apprend qu’il existe des médicaments de chimiothérapie orale qui pourraient éventuellement retarder votre décollage pour l’Au-Delà. Ah ah ! Mais MégaProf vous dit retourner vers Machin n° 1 pour obtenir le médoc car Machin sévit à deux pas de chez vous. Vous lui apportez donc le courrier de Mégaprof.

“Ah, mais SI vous m’en aviez parlé, moi, je ne vous aurais pas prescrit ça !”

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Suite :

– Ah bon ? Si on en avait parlé ?!! Mais je… Mais qu’est-ce que Vous m’auriez prescrit, alors ???!!

– Puisque vous avez jugé bon d’aller voir ailleurs, il n’y a pas lieu d’en parler !

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Suite. Le même (il est trop fort !)

– … (Silence). Mais bon, les médicaments que MégaProf a notés, vous pouvez quand même me les prescrire, alors ?

– Oui.

Il se lève. Vous éprouvez la curieuse sensation qu’il vous manque quelque chose.

– Mais, euh, l’ordonnance, où est-elle ?

– Je vous la prépare, retéléphonez !”

 Dix jours et de nombreux coups de fil après, vous n’avez toujours pas l’ordonnance. La secrétaire harcelée n’en peut plus et vous promet de la récupérer. Treize jours après, elle vous la remet.

Mais Mégaprof préconisait deux médicaments et … l’ordonnance n’en mentionne qu’un. Ce dont vous vous apercevez dans la voiture. La secrétaire, excédée, vous passe directement Bidule :

– Ah, vous voulez TOUT le traitement ?”

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Un oncologue extrêmement médiatisé et qui fait figure de contestataire. D’après ce qu’il déclare aux journalistes et dans ses écrits, la plupart des chimios seraient inutiles :

Ah, ah, si vous venez me voir, c’est parce que j’ai la réputation d’avoir l’esprit ouvert… Alors, qu’est-ce que vous avez essayé, en dehors de la médecine traditionnelle ?”.

Vous le lui dites, il démolit chaque traitement (les piqûres de gui, avec lesquelles on s’infecte ET la phytothérapie chinoise car en Chine, plein de gens meurent du cancer, c’est même le pays où l’on en meurt le plus). Et il conseille exactement le même traitement agressif que la plupart de ses confrères.

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Un oncologue précis :

“Comment ça, vous avez mal à la main ?”

Vous lui expliquez que ces élancements très douloureux résultent probablement de la chimio.

“Ah oui, mais moi, la main, ça ne me regarde pas !”

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Un oncologue serein :

Vous vous remettez à peine de l’opération au poumon qui a révélé votre cancer de stade IV. Qu’à cela ne tienne, il préconise au plus vite une chimio “agressive”, qui se décline sur plusieurs mois, avant une autre opération et quelques autres mois de chimio. Vous êtes un peu éberluée.

Euh, mais vous êtes sûr que ça va marcher ?

Il vous regarde comme si vous étiez folle.

– Ah non ! Le pronostic vital est tout de même TRÈS engagé !

Silence.

-De toute façon si ÇA NE MARCHE PAS, ce n’est pas la chimio qui vous aura tuée, hein, c’est le cancer.

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Le médecin anesthésiste, huit jours avant l’opération :

– Qu’est-ce qui vous amène, alors ?

Vous n’avez guère envie d’en parler et vous posez sous ses yeux le projet d’interventionssss remis par la chirurgienne. Après tout, c’est un anesthésiste, il devrait être habitué au silence de la part de ses patients.

Il siffle entre ses dents.

– Pffff ! Ah quand même ! Oui, dans ce genre de cas, il faut être agressif !

– Euh, justement, je viens ici parce que le Docteur X m’a paru plus mesurée que les autres médecins que j’ai vus.

Il faut frapper fort, il faut être agressif !

– Mais arrêtez de me dire ça ! C’est de mon corps qu’il s’agit !!! Vous êtes anesthésiste, vous êtes censé m’endorm…

– Il faut ATTAQUER !

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Un oncologue qui ne croit ni à la médecine ni au progrès scientifique :

 Il a pourtant une trentaine d’années et est associé à la recherche en immunothérapie, dans un des plus grands centres français.

Vous avez pris rendez-vous avec lui deux mois plus tôt car vous craigniez alors – à tort – que la chimio ne fonctionne plus sur vous. Mais elle a fonctionné et vous avez l’accord pour une thérapie ciblée en gélules. Après trois années pleines d’aléas, vous retrouvez enfin une vie presque normale et vous pensez reprendre votre travail.

– Bien, puisque ça va comme ça, continuez, et revenez me voir dans six mois, un an, deux… (geste large).

– Euh, peut-être jamais ?

Silence.

– Je ne suis pas marchand de rêves, un cancer métastatique, ça revient TOUJOURS !

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3 réponses à Les perles des médecins

  1. Hélène Voinnet dit :

    Enfin des témoignages de toutes les réflexions loufoques, imprécises – voire même dangereuses ! qui sont entendues lors des consultations. Il est temps d’exercer un véritable regard critique sur tous ces avis divergents. Merci pour cette super idée !

  2. nini dit :

    Jamais je n’aurais imaginé que des médecins et grands professeurs puissent être aussi
    incompétents dans leurs spécialités !! Bravo à vous Madame de mettre en lumière
    les “perles de ces médecins”. Malheureusement ils ne sont jamais “punissables” quand leurs diagnostics sont à l’inverse de la réalité, comme la gynéco surtout et d’autres. La vie d’une personne représente quoi à leurs yeux ??? Nos animaux de compagnie et ceux des fermes sont véritablement mieux pris en charge, soignés et opérés par les vétérinaires. Dans un proche avenir, si rien ne change quant à l’accueil des patients, la première visite est primordiale pour établir un dialogue de qualité, de confiance, etc…, l’oncologie ne se limitant jamais à une seule consultation, la plupart du temps c’est des mois et même des années de traitements, nous devrions peut-être aller consulter des
    les vétérinaires ??? Je n’utilise jamais le mot “courage” quand on devient l’otage d’un cancer, il ne correspond pas très bien à l’urgence de la situation. Vous avez analysé le pour et le contre de ce l’on vous proposait, la première chose à faire semble-t-il et surtout vous avez gardé la “tête sur les épaules” pour vous orienter dans ce grand
    désert de l’oncologie…

  3. Gilles dit :

    La plupart de nos médecins ont encore beaucoup de progrès à faire dans l’accompagnement humain ; espérons que les perles sur leurs bourdes relationnelles les inviteront à se mettre au travail!
    A propos de perles, en voici une d’un certain Winston Churchill :
    “Une pomme par jour éloigne le médecin,
    pourvu que l’on vise bien!” 🙂

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